L'Empire germanique : Allemagne, Autriche

L'Europe centrale, par sa situation géographique et par son climat, échappa longtemps au monde méditerranéen, à ses
civilisations et à ses cultures. Deux fleuves, le Rhin et le Danube, ainsi que le massif alpin la protégeaient et l'isolaient à la
fois. L'empire romain restera pendant quatre siècles à ses frontières, craignant longtemps l'hostilité des peuples germaniques
qui vivaient dans ses forêts profondes. Ces peuples désignés sous le nom de "barbares" parce qu'ils ne parlaient pas le grec,
subissaient eux-mêmes la pression des invasions asiatiques (les Huns...) ou nordiques (les Goths, les Vikings). Après
plusieurs tentatives, ce fut le raz-de-marée de 406, le monde romain occidental ne résista pas et s'écroula. Cette fracture est
considérée comme la fin de l'Antiquité et l'apparition du Moyen-Age Les nouveaux venus formèrent peu à peu des
royaumes qui s'imprégnèrent des restes de cette civilisation qu'ils venaient de détruire. Le christianisme naissant, dernier
rempart à ces forces aveugles, contribua à l'essor de cette nouvelle société. De ces peuples émergèrent les Francs, installés
sur le Rhin inférieur, qui durant la conquête de la Gaule s'étendirent en Allemagne. Charlemagne sera ainsi le souverain
commun de cette Europe de l'Ouest. La naissance de l'Allemagne et de la France sera consacrée par le traité de Verdun de
843. Les discours prononcés en Allemagne par le général de Gaulle en 1962, résument très bien l'Histoire allemande :
devant les officiers de l'école de guerre à Hambourg le 7 sept. 1962
... Après des guerres sans cesse renouvelées, notamment depuis deux cents ans, guerres dans lesquelles chacun des deux peuples visait à dominer l'autre
et où tous deux ont prodigué une somme énorme immense de courage, de sang, de richesses, sans même, qu'en fin de compte, la limite entre territoires
en ait été sensiblement modifiée, voici qu'ils ont pris conscience de l'absurdité du duel...
devant la jeunesse allemande à Ludwigsburg le 9 sept. 1962
... je vous félicite d'être de jeunes Allemands, c'est-à-dire les enfants d'un grand peuple. Oui ! D'un grand peuple ! qui parfois, au cours de son Histoire,
a commis de grandes fautes et causé de grands malheurs condamnables et condamnés. Mais qui d'autre part, répandit de par le monde des vagues
fécondes de pensée, de science, d'art, de philosophie, enrichit l'univers des produits innombrables de son invention, de sa technique et de son travail...
Maurice Griffe