La fin des maux : d'un Pausanias à l'autre : essai de mythologie et d'histoire

Quel rapport entre un général spartiate, libérateur
du danger perse, qui voulut devenir le «tyran de la
Grèce», un disciple d'Empédocle, un prêtre d'Apollon
à Cyrène et un voyageur qui décrit les chemins grecs
de l'Empire sous les Antonins, sinon peut-être leur
nom, Pausanias ? Ce nom, qui veut dire «la fin des
maux», évoquait les interrogations anxieuses des
individus et des communautés auprès des oracles.
Il a pris une tout autre signification le jour où l'on
s'est aperçu que tout empire, archè , pourrait bien être
le «début des maux», archè kakôn. La fin et le début
des maux, les deux formules sous-tendent la tragédie
du Libérateur, devenu traître, tyran et meurtrier, tout
comme la vision historique du Voyageur.
On suivra les deux hommes dans leur quête de
purification ou d'un savoir antique, sur les sentiers de
l'Arcadie. Elle nous conduit, par la montagne des
sacrifices humains, où Platon situa son mythe d'origine
de la tyrannie, et les gorges vertigineuses de la
rivière Néda, jusqu'à la Bouche d'ombre de Phigalie
et à la caverne de la Déméter Noire.
Un parcours qui est une méditation sur le mal et le
pouvoir à travers le passé grec, en un temps où une
domination unique s'est étendue sur le monde.