Peindre, écrire chemin faisant. Transcender le présent. Voyager en peignant

Peindre, écrire chemin faisant. Transcender le présent. Voyager en peignant

Peindre, écrire chemin faisant. Transcender le présent. Voyager en peignant
Éditeur: Age d'homme
2006708 pagesISBN 9782825137017
Format: BrochéLangue : Français

1953 : deux amis, Thierry Vernet

et Nicolas Bouvier, réalisent

ensemble un rêve d'enfance en faisant

un voyage d'un an et demi

entre la Yougoslavie et l'Afghanistan,

avec une petite Fiat Topolino et

très peu d'argent en poche. Bouvier

l'a magnifiquement raconté dans

L'Usage du monde , et tous ses lecteurs

se souviennent des dessins de

Vernet qui l'illustrent...

Si ce monumental ensemble de

lettres, écrites quasi quotidiennement

et envoyées semaine après

semaine par le jeune peintre et dessinateur Thierry Vernet à sa famille, sur

une période de dix-sept mois, de juin 1953 à octobre 1954, n'était qu'un

addenda à L'Usage du monde , l'éditer dans son intégralité pourrait à bon

droit apparaître comme une entreprise inutile. Or il n'en est rien. Peindre,

écrire chemin faisant procure des plaisirs entièrement neufs ; il appartient

à une catégorie littéraire très rare : celle du chef-d'oeuvre involontaire. En

effet, dans son désir de ne rien perdre de ce qu'il voit au cours de son voyage,

Thierry Vernet ne retient jamais sa plume ; chaque événement, ombre,

couleur, personnage de rencontre nourrit son imagination, tant picturalement

que littérairement - même si à aucun moment il ne prétend faire

oeuvre d'écrivain. Et ce qui est prodigieux, dans ces pages, c'est le naturel,

la gaieté et l'humour (féroce à l'occasion) avec lesquels tout est narré par

le menu.

Ainsi, la galerie de portraits de Vernet est d'une richesse extraordinaire

; il semble avoir suivi le conseil de Scott Fitzgerald : «Commencez par

peindre un individu et vous aurez créé un type. Commencez par peindre un

type et vous n'aurez rien créé.» Il y a comme ça, dans ce livre à la liberté

exceptionnelle, des dizaines d'individus croqués avec tant d'esprit qu'on

en reste pantois.

A n'en pas douter, ces lettres prennent une digne place à côté de celles

d'Eugène Delacroix, Vincent Van Gogh ou Paul Gauguin, épistoliers de

génie ; le contact avec le concret, la fidélité à la nature et à sa force, l'exigence

de l'artiste face à sa toile : à tout cela, le lecteur participe. Et même

davantage : il se fond dans le regard de l'artiste, dans son oeil intérieur, et

conserve les émotions du peintre dans sa mémoire.

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