A capella pour oreille d'âne

Cette suite poétique est prenante en ce qu'elle dispense
un itinéraire de vie, le nôtre aussi sans doute. D'abord
une fantaisie ensoleillée, où des images insolites et
heureuses surgissent.
Une musique insistante dit celle des paysages pacifiés-non-apaisés,
une nature enchantée et vertigineuse, où
l'océan offre, comme une leçon, l'attente éternelle de ses
ammonites vivantes. Mais cette lucidité matérialiste doit
dépasser ses propres angoisses, jusqu'au «dernier sursaut»,
car bientôt les «cambrures» de la jeunesse, que répètent
les courbes calligraphiées par un ami arabe, font place à
«l'échine droite» de l'adulte, aux traces déposées de ses
combats, à la fureur des causes justes.
L'approfondissement s'accomplit : la fugacité d'écrire
dans l'objectivité grave a réussi à capter un imaginaire
foisonnant au départ, et à l'unifier.
R.A.