Charles Cressent : sculpteur, ébéniste du régent

Charles Cressent : sculpteur, ébéniste du régent

Charles Cressent : sculpteur, ébéniste du régent
Éditeur: Faton
2003362 pagesISBN 9782878440614
Format: ReliéLangue : Français

Un sculpteur qui enrichit l'art du meuble

Paradoxe de l'histoire du mobilier, Charles Cressent qui fut en son temps le plus illustre

des ébénistes était en réalité un sculpteur.

Né à Amiens en 1685 il travailla pendant une trentaine d'années dans cette ville comme sculpteur

avant de venir à Paris où il reprit en 1719 le modeste atelier d'ébéniste de Joseph Poitou.

Sa formation explique l'importance qu'il donna dans ses meubles au décor de bronze dont

les motifs - bustes de femmes, masques antiques, trophées, groupes d'enfants, singeries -

sont traités avec une ampleur sculpturale telle que le travail du bois n'est présent que pour

la mettre en valeur.

Fort de ce choix Cressent resta fidèle à un placage chatoyant de satiné avec des bandes

d'amarante foncé propres à rehausser l'éclat du bronze doré. Il n'adopta pas la marqueterie

florale lorsqu'après 1740 celle-ci fut à la mode.

Digne successeur de Boulle

La célébrité de Cressent qui commença dès le début des années 1720 avec les commandes

du Régent ne cessa de croître. Après le Régent les ducs d'Orléans furent ses clients pendant

deux générations, ainsi que quelques princes étrangers, tels le roi de Portugal Jean V

ou le prince électeur de Bavière Charles Albert. Par l'entremise de Gaudreaus il livra

la commode pour la chambre de Louis XV au château de la Muette.

Créateur de quelques-uns des plus beaux meubles de son temps il fut aussi l'inventeur

de modèles de pendules et de chenets d'une grande originalité. Ses pendules ornèrent

la chambre de la Dauphine à Versailles et celle de la reine d'Angleterre Charlotte

à Buckingham House.

Outre ces personnages prestigieux sa clientèle se recrutait pour bonne part chez les hauts

fonctionnaires et les financiers parisiens. En cela il était le digne successeur de Boulle dont

la grande période de succès dans les années 1700-1720 avait coïncidé avec l'extraordinaire

enrichissement de cette classe de financiers.

On cite parfois l'oeuvre de Cressent pour illustrer le style Régence. Il fut ébéniste du Régent

jusqu'à la mort de ce dernier en 1723. Mais l'essentiel de son oeuvre est postérieur. Parmi

les quelques meubles documentés ou datables qu'on lui reconnaît figurent la commode

de Louis XV à la Muette (1739), les médailliers du musée Gulbenkian du début

des années 1750. On est donc loin de la Régence. Il est plus juste de dire que l'oeuvre

de Cressent illustre un style Louis XV mesuré, comme Gaudreaus ou Joubert.

La somme des connaissances sur Cressent

Depuis l'ouvrage de M<sup>lle</sup> Ballot publié en 1918 par les Archives de l'Art français sur

«Charles Cressent sculpteur, ébéniste et collectionneur» la documentation sur Cressent,

ses collaborateurs et sa clientèle s'est considérablement enrichie.

L'ouvrage très complet d'Alexandre Pradère est le fruit de la collecte de ces nombreux

documents, de leur interprétation rigoureuse et d'une nouvelle approche de la vie

et de l'oeuvre du maître. En particulier le cadre dans lequel les meubles de Cressent

venaient s'intégrer chez ses clients est ici évoqué avec un luxe de détails.

À l'étude des différents types de meubles s'ajoute un catalogue raisonné de toutes les oeuvres

attribuées à Cressent.

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