Identités (trans)frontalières au sein et autour de l'espace du Rhin supérieur

La définition de l'identité transfrontalière que défend cet ouvrage est celle d'un objet
pluridimensionnel, au croisement des stratégies des agents sociaux, notamment institutionnels,
des matérialités et des pratiques du quotidien, ainsi que des représentations que celles-ci
engendrent. De manière directe ou indirecte, chaque contributeur de ce volume aborde un ou
plusieurs aspects de cette dynamique. Peut-on alors parler d'identité transfrontalière autour de la
frontière franco-germano-suisse ? La réponse qui semble émerger se résume ainsi : s'il y a identité, il
s'agit d'une identité (trans)frontalière, et non pas transfrontalière. L'insertion de la parenthèse a ici
toute son importance. Elle vise à introduire une certaine distance, et par là une certaine relativisation,
de la portée «transnationale» ou «interrégionale» de cette identité. Les stratégies et les politiques
publiques, institutionnelles, européennes, etc. traversent souvent la frontière et posent, en effet, les
bases de la construction d'une identité collective propre à ce territoire ; néanmoins, aussi souvent,
les pratiques, les matérialités et les représentations résistent à ce mouvement et rappellent que les
identités peuvent parfois rester frontalières sans devenir transfrontalières. Entre fermeture et ouverture,
la négociation demeure résolument ouverte.