Les jours de cuivre

«De toutes les familles qui vivaient à la mine de Bouskour, seules
quelques-unes échappaient à la condition infernale du prolétariat. Par
bonheur, la mienne était de celles-là. L'homme aux poules, c'était
mon père, il fut ainsi surnommé depuis qu'il avait remis les pieds au
village, après une longue absence dans la grande métropole du pays :
Casablanca. C'était à l'époque de la grande famine ayant sévi dans le
pays qu'il y émigra à la recherche d'un avenir meilleur. Il en revint
bredouille, avec seulement ce sobriquet de gallinacé.»
Un étranger débarqua un jour à Bouskour, une mine de cuivre, de
poussière et d'ennui. De sa fenêtre, un enfant épiait les moindres
gestes de l'inconnu, il nous raconte l'aventure de cet homme qui, ayant
fui son village, rêvait d'une vie meilleure dans le nouvel Eldorado. À
travers le récit de cet homme, l'enfant restitue l'histoire de la mine de
Bouskour. Témoin du désagrégement d'un monde traditionnel sapé
par l'exploitation minière, l'enfant relate ses premières expériences de
la vie, ses angoisses, ses désirs, puis son exil dans une ville lointaine
où il poursuivit ses études. À la fin des années 70, suite à la chute
du cours du cuivre, la mine s'arrêta définitivement, les ouvriers,
désemparés, abandonnèrent le lieu. En ville, l'enfant découvrit un
monde chaotique, il rencontra Fatima, la femme du voisin, et fut
arrêté à cause d'un malentendu autour d'un livre de philosophie.