L'hôtel du Sersou : roman du Sud algérois

Certes Albert Truphémus (1873-1948) semble dépeindre la
colonisation en Algérie, de manière réaliste, «à la Flaubert» ou
«à la Maupassant», sous les traits truculents et «bon enfant» de
blédards pittoresques, ridicules et parfois même attachants. La
commune de Jourdan n'est-elle pas Yonville et les chapitres La diffa
(le festin) ou Le Gouverneur général à Jourdan ne figurent-ils pas
des comices agricoles décalés, dans l'Afrique du nord coloniale des
années 1920 où cheikhs, caïds et gouverneurs remplacent les souspréfets
? Mais très vite les masques tombent et le comique grince,
à travers la découverte d'un univers sordide et injuste où les faibles,
les misérables, les malades, les faméliques sont impitoyablement
sacrifiés sur l'autel du pouvoir et de l'hypocrisie, sous le regard
révolté de l'instituteur Mattéi qui ne parvient pas, à lui seul, à
justifier le fait colonial dans une démocratie.
Cette édition a bénéficié de la généreuse intervention du petit-fils
de l'auteur et comporte des documents inédits.