Fénelon et les arts du dessin : instruire par l'image

Dans le cadre de ses missions pastorale et éducative, Fénelon
a élaboré une stratégie privilégiant les ressources de l'imaginaire
visuel. Ce point de départ, banal dans le contexte de la Contre-Réforme,
va toutefois s'appuyer - c'est la thèse de ce livre - sur une spécification
de la notion d'image, grâce à des catégories empruntées à l'art
oratoire, à la métaphysique, à l'anthropologie philosophique,
à la spiritualité, mais aussi, et c'est le plus original, à la critique d'art,
plus précisément à celle, ancienne et moderne, qui valorise les arts
du dessin. Les images sollicitées, matérielles ou imaginaires,
s'apparentent ainsi à celles de la peinture, de l'architecture ou de
la sculpture qui, parce qu'elles sont fondées sur le dessin auquel
Fénelon reconnaît des qualités propres, présentent une efficacité
spéculative et pragmatique particulièrement opératoire. Cet éclairage,
inédit, sur l'esthétique de Fénelon, s'accompagne d'une reconstitution
des sources et des milieux qui ont permis au prélat d'élaborer, dans
le même temps, les prémisses d'un système des arts visuels organisé
autour d'un principe dont la plurivocité (le dessin est encore, au XVII<sup>e</sup>
siècle, le «dessein»), permet à ceux-ci de jouer un véritable rôle de
médiation spirituelle.