La vie politique à Marseille sous la domination angevine, 1348-1385

La vie politique à Marseille
sous la domination angevine
(1348-1385)
La commune marseillaise au XIV<sup>e</sup> siècle est marquée par la domination angevine de
Naples, qui n'étouffe cependant pas la vitalité politique urbaine, dont témoigne la
dimension scripturale de l'administration municipale. Le gouvernement quotidien a en
effet produit une abondante documentation jusqu'ici peu étudiée pour elle-même : les
délibérations du conseil de ville, dans lesquelles se dessinent les jeux de pouvoir traversant
la cité portuaire.
Les années 1348-1385 sont marquées à Marseille par une situation de crise prolongée,
notamment par la durable déstabilisation du pouvoir souverain. Dans ce contexte,
l'assemblée municipale s'affirme comme le lieu du gouvernement de la ville. Alors que
s'effacent les officiers royaux, le conseil de ville s'approprie une part grandissante d'autonomie et consolide le statut marseillais d'exception dans le comté de Provence.
Les pratiques de l'assemblée - délibérations, serments, désignation de citoyens chargés
de mettre en oeuvre les ordonnances adoptées - permettent à de nombreux habitants
de participer à l'activité de l'assemblée urbaine, sous la direction d'une élite municipale
qui s'entoure de notaires et de praticiens du droit. La légitimité communale s'appuie sur
des outils scripturaux, depuis les statuts de la ville jusqu'aux écrits les plus quotidiens,
dont la circulation définit un régime de normativité spécifique. L'enregistrement des
séances s'avère l'instrument décisif de la construction de l'autorité par l'écrit : autour des
registres délibératifs gravitent les multiples pièces administratives et juridiques qui
assurent l'institutionnalisation et l'autonomie du gouvernement de la ville.