La femme du diable

Dans la culture africaine, la fertilité des hommes est
rarement remise en cause. Par contre, une épouse qui ne peut
pas donner naissance à des héritiers est souvent décriée par
ses beaux-parents et la société en général. Elle est perçue
comme étant coupable de cette situation. C'est pourquoi les «spécialistes»
dans la traque des démons et de la conjuration
du mauvais sort ont prospéré dans les villes avec la complicité
des médias.
C'est le cas de Coumba. Mariée à Samba depuis deux ans, elle
n'enfante pas. Le couple rentre alors dans la bourrasque des
charlatans qui leur font croire à l'existence d'un mari djinn
dont Coumba doit se séparer pour guérir de sa stérilité. Ainsi
commence une guerre perdue d'avance contre un ennemi
invisible.
Samba s'exile à Lyon, s'y remarie et change de vie. Il meurt
d'une overdose dans un Airbus et est inhumé à Dinguiraye,
son village natal, au moment où Coumba met au monde son
premier enfant.