Le cinéma, un art imaginaire ?

Pourquoi choisir de publier un auteur qui exerce sa vivacité
d'esprit contre le cinéma ? Parce qu'il est stimulant de
soupçonner encore et sans relâche le rapport entre l'art et le
(juste) régime politique de la Cité. Et particulièrement le cinéma,
nous explique Patricia Yves, en tant qu'il est l'aboutissement
historique des perfectionnements de la capacité mimétique de
l'art, une merveilleuse boîte à illusions. Le cinéma, s'imposant
comme une évidence purement sensible, met la place du sujet
en péril. Au surplus, cette critique, nourrie de philosophie et de
psychanalyse, ainsi que d'analyses concrètes de films - Patricia
Yves n'est pas sans confesser sa cinéphilie -, ne cherche-t-elle
pas à nous amener à défendre le cinéma, défense qu'il nous faut
produire maintenant, à nouveau, au risque de voir la poésie
cinématographique exilée, de fait, c'est-à-dire engloutie par la
marchandise, ou de droit, en tant que force conservatrice d'un
ordre inique ? C'est en ce sens qu'il importe de la lire et de la
comprendre.