Petits propos irresponsables concernant l'école

Pendant douze années, Le Monde de l'Education m'a demandé de tenir une chronique mensuelle des aléas de la vie éducative. Le «billettiste» doit faire court. Il doit aussi faire de l'impertinence vertu. Au fil de ces papiers, j'ai horripilé pas mal de ministres et quelques syndicalistes qui voient dans le corporatisme le socle de la République. Ceux-là retrouveront sans doute avec un égal déplaisir le florilège que voici, où j'ai regroupé mes observations, marottes, critiques et angoisses. Avec le sourire, autant que possible.
Mais j'ai également essayé, à travers ces propos légers, de combattre les idées reçues (le niveau baisse, l'école est en faillite), de soutenir les valeureux pédagogues, de plaider à la fois pour un collège vraiment démocratique et pour une plus grande souplesse de la machine. Bref, d'afficher des convictions qui ne sont pas seulement les miennes mais celles d'enseignants, de parents, d'administrateurs que je n'ai cessé de rencontrer sur le terrain.
L'école ne bougera favorablement que si la Nation, par-delà les alternances, les petites phrases et les budgets annuels, se donne les moyens d'une politique à long terme.