Les arrière-gardes au XXe siècle : l'autre face de la modernité esthétique

L'évolution de la littérature et des arts est communément envisagée
comme une succession de ruptures, dont chacune définit une école ou
un mouvement dit d'avant-garde : le romantisme, le réalisme, le symbolisme,
le surréalisme, le Nouveau Roman, etc. Mais, à l'aube du XXI<sup>e</sup>
siècle, il serait temps de s'interroger sur la face cachée de ce récit : celle
des continuités et des retours, de la tradition et des arrière-gardes, qui
s'inscrivent dans les marges, voire à contre-courant de la téléologie généralement
acceptée.
Malgré son thème provocateur, cet ouvrage n'a rien de passéiste.
Bien au contraire, il a pour ambition de renouveler profondément notre
perception de l'histoire littéraire et artistique du XX<sup>e</sup> siècle en mettant en
évidence un concept jusque-là ignoré, voire méprisé. Philosophie, analyse
historique et politique, comparaison entre les arts (peinture, musique,
cinéma) et les cultures, sociologie de la création : l'interdisciplinarité
n'est pas de trop pour éclairer un objet aussi ambigu. Face cachée de la
modernité, l'arrière-garde pourrait bien aussi en être la clé, apte à ouvrir
des perspectives nouvelles et faire surgir des reliefs inattendus. C'est non
seulement tout le modernisme européen qui se dévoile sous ce jour
nouveau, mais la postmodernité elle-même. S'il faut penser les arrière-gardes,
c'est pour pouvoir penser tout le reste.