Le droit de punir : du siècle des Lumières à nos jours

Le droit de punir : du siècle des Lumières à nos jours

Le droit de punir : du siècle des Lumières à nos jours
2012200 pagesISBN 9782753517967
Format: BrochéLangue : Français

En 1950, quelques années après avoir publié ses Souvenirs de la Cour d'assises , André

Gide suggérait que la punition devrait tenir compte de la personnalité des criminels.

Comment punir quelqu'un que l'on ne connaît pas ?, se demandait-t-il, ajoutant

qu'«il est, sur la carte de l'âme humaine, bien des régions inexplorées». Régulièrement,

avec plus ou moins d'intensité, le droit de punir a été et reste l'objet de réflexions, de

controverses, de propositions de loi, de demandes de réformes. Les débats sont tantôt

vifs et profonds et semblent concerner le plus grand nombre, tantôt ils s'appauvrissent

et restent réservés aux «spécialistes» qui dans des manuels ou des ouvrages d'histoire

du droit pénal présentent ce dernier comme le droit de réprimer ou de sanctionner les

auteurs d'infractions. Mais quel sens faut-il donner à la peine si elle n'est pas accompagnée

d'autres mesures ? Est-elle une sorte d'horizon d'attente, une fiction des sociétés contemporaines

qu'il faut bien entretenir ? Ne faut-il pas «remettre à plat» la justice pénale et se

demander si après avoir puni il est possible de guérir ou de rendre un citoyen à la société ?

La «pénalité» doit conserver son utilité écrivent les uns et les autres. Mais faut-il punir

le crime ou plutôt les criminels ? Faut-il punir de la même manière les enfants, les fous et

les récidivistes ? Que doit-on faire à l'époque de l'Empire français dans les colonies ? Ne

conviendrait-il pas de se demander à nouveau pourquoi punir ? et de réfléchir à l'efficacité

de la justice répressive ? La justice d'expiation et la «rédemption du coupable» ne suffisent

pas, la peine est devenue aussi un enjeu symbolique et un moyen de communication, voire

une «arme pénale».

Deux siècles après le Code pénal de 1810, une réflexion sur l'histoire du droit de punir

et son actualité s'imposait, mais il fallait multiplier les approches disciplinaires, car le droit

de punir ne relève pas seulement de considérations abstraites ou de joutes philosophiques.

La pragmatique de la punition mérite aussi d'être examinée. Trois entrées ont donc été

retenues (le droit de punir en question, connaître et pardonner, sanctionner les déviants) à

partir du siècle des Lumières jusqu'à nos jours. Nul doute que l'histoire de la «punissabilité»

permet de penser et de comprendre les sociétés du passé comme celle d'aujourd'hui.

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