Nogaret & le siège lyonnais : XVIIIe-XXe siècles

Pierre Nogaret (1718-1771) est probablement le plus «surveillé» des menuisiers en
sièges du XVIII<sup>e</sup> siècle, car, depuis près de trente ans, il fait avec ses nombreux
confrères l'objet d'un recensement systématique auprès des musées et des collections
privées comme du marché de l'art. Cette mise en fiches systématique a permis de cerner
mieux les spécificités propres à chacun de ces artisans en établissant notamment
l'importance des combinaisons de tracés des gabarits pour rendre à chacun ce qui lui
revient. C'est ainsi que François Canot, Sébastien Carpantier, Bernard Chélant, Jean-Nicolas
Cheneaux, François Geny, François Girard, Jean Godo, François Gros, Martin
Jardin, François Lapierre, Claude Levet, Nicolas Parmantier et d'autres encore trouvent
désormais une place légitime aux côtés du maître incontesté qu'était Nogaret.
Alors que Bernard Deloche développait les applications de son système expert, Jean-Yves
Mornand poursuivait ses recherches d'archives afin de fixer les points de repères
objectifs (localisation de l'atelier de Nogaret, radiation de la maîtrise de Canot, etc.). Ils
livrent ainsi aujourd'hui le résultat de ces recherches dans un ouvrage qui prend le parti
délibéré d'être davantage un outil documentaire qu'un livre d'art au sens habituel du
terme.
Mais l'art du siège à Lyon a connu une deuxième heure de gloire avec l'exceptionnelle
production d'André Sornay (1902-2000) qui a su marquer son travail d'une originalité
telle qu'elle atteint aujourd'hui une renommée mondiale équivalente, voire supérieure, à
celle dont jouit l'oeuvre de Nogaret. C'est pourquoi il fait l'objet d'un chapitre propre
ainsi que quelques uns de ses confrères
(Chaleyssin et Krass notamment) qui,
pour avoir été moins originaux, ont
également marqué cette période
extrêmement féconde de la production
lyonnaise.
Cet ouvrage constitue l'outil indispensable
du professionnel, du collectionneur et de
l'amateur à qui il fournit les informations
indispensables pour une identification
satisfaisante des productions lyonnaises en
matière de sièges.