Entre le social et le vital : l'éducation physique et sportive sous tensions... : XVIIIe-XXe siècle

Une double préoccupation anime cet ouvrage collectif qui interroge
l'éducation physique, le sport et la discipline qui leur sert de cadre
universitaire : les «STAPS».
D'une part, la conjoncture scientifique et idéologique,
caractérisée par le puissant impact culturel, dans les sphères
intellectuelles comme dans le grand public, des derniers prodiges
des sciences biologiques et de la pratique médicale, le «rêve
biotechnologique» (Lucien Sfez). Cette poussée considérable des
connaissances et des pouvoirs des sciences de la vie et de la santé
semble coïncider avec une période de crise et de discrédit des
sciences sociales, qui ne parviennent pas à y faire face ou y
répondre.
D'autre part, les évolutions actuelles de l'institution universitaire
des STAPS qui rassemble des chercheurs attachés aux deux
paradigmes en question. Situation épistémologiquement enviable du
point de vue des perspectives transdisciplinaires qu'elle ouvre,
mais socialement difficile du fait des déséquilibres introduits dans
le recrutement de ses chercheurs. Largement dominées numériquement
par les représentants des sciences expérimentales
(«sciences de la vie et de la santé», «cognitivistes»), tant au
niveau national que local, les sciences humaines et sociales ne
semblent pas en mesure de forcer la transdisciplinarité ni de voir
crédibiliser leurs propres travaux scientifiques.
Il apparaissait donc nécessaire de s'interroger sur les raisons qui ont
conduit à cette situation se traduisant par une importante
déperdition au niveau des chercheurs spécialisés en sciences
sociales comme en épistémologie des sciences et des techniques.