Manet : initiale M, l'oeil, une main

Peu d'artistes ont suscité autant de controverses
ou en sont ressortis avec davantage de
renommée qu'Édouard Manet. À son époque,
l'avant-garde ne constituait pas seulement
un défi lancé aux traditions artistiques,
mais aussi un coup de fusil visant la société
dans son ensemble. Avec Olympia (1863),
Manet devint, pour citer Edgar Degas,
«aussi célèbre que Garibaldi».
Pourtant, la façon dont le rejeton, courtois
et réservé, d'une famille bourgeoise, devint
le père de la peinture moderne est une histoire
complexe et fascinante. À travers les points
de vue divers de la recherche contemporaine,
James H. Rubin invite le lecteur à découvrir,
ou à redécouvrir, deux cents chefs-d'oeuvre
relatant la totalité de la carrière de Manet.
Les bohémiens, les musiciens des rues et
les prostituées, qui fascinèrent son imagination
de jeune artiste, les combats de taureaux
et les ballets de flamenco caractéristiques
de sa «période espagnole», les scènes de café
et les paysages de plein air impressionnistes
qu'il peignit vers la fin de sa vie : tous les sujets
qu'il explora sont ici examinés en détail,
en dix chapitres thématiques. Des analyses
rapprochées de ses toiles offrent par ailleurs
des approfondissements sur sa technique,
son style si personnel et sa signature -
l'indélébile «M» qu'il inscrivit sur ses oeuvres
comme pour jouer sur l'homonyme latin
de son nom et signifier manet et manebit :
il reste et restera.