L'oeuvre poétique

Né à Livourne en 1912, mort à Rome en 1990, Giorgio
Caproni est l'un des plus grands poètes italiens du
XX<sup>e</sup> siècle, considéré aujourd'hui en Italie comme l'égal
d'Ungaretti, de Montale ou de Saba. Sa poésie est
profondément ancrée dans les paysages qui ont modelé
sa vision du monde : de Livourne et de Gênes, où il passa
son enfance et sa jeunesse, à Rome où il enseigna
et exerça une activité infatigable de traducteur et de
critique littéraire, en passant par ce lieu privilégié que
fut pour lui la haute vallée de la Trébie, en Ligurie.
Son oeuvre commence dans les années sombres
du fascisme et de la guerre qui le marquent durablement.
Il leur oppose une poésie qu'il conçoit comme porteuse
de valeurs propres à sauvegarder la dignité humaine.
Par-delà l'évolution qui l'amène à des formes poétiques
de plus en plus dépouillées, tout son parcours se place
sous le signe du deuil et de l'absence : portant, mais
sans pathos, le deuil d'une première fiancée, puis celui
de sa mère, Caproni exprime dans toute la deuxième
moitié de sa vie le deuil d'un Dieu absent qu'il ne cesse
cependant d'interpeller. Reprenant les thèmes
légendaires de la chasse à la Bête féroce et du chasseur
maudit, il édifie dans sa maturité le grand mythe
de la conscience moderne.