Treize ans porte-malheur

Kevin déteste beaucoup de choses de sa vie. Son prénom.
Le surnom que sa mère lui donne : Kékève. Son âge :
treize ans porte-malheur, l'âge le pire du monde. Sa taille :
il est le plus grand de la classe. Son odeur. Ses parents. Sa
solitude. Les autres. Et la malédiction qui l'oblige à porter
tous les mercredis le déjeuner à Roger, son affreux grand-père,
et à rester manger avec lui en regardant les horreurs
du journal télévisé, parce qu'ils n'ont rien à se dire.
Pourtant, il suffit parfois de presque rien pour que le
regard qu'on porte sur la vie et sur soi-même change du
tout au tout.
Ce presque rien arrive dans une boulangerie où Kevin
aperçoit par hasard son grand-père en train de voler deux
sandwichs. Il est amusé, intrigué, et il a envie de bondir au
secours de cet homme, le mystérieux, l'autre Roger.
L'autre Roger est drôle, sentimental, capable de tomber
amoureux comme un collégien dans la maison de retraite
où sa fille l'a mis de force. L'autre Roger révèle à Kevin
qu'il existe aussi un autre Kevin, drôle, sentimental, et
capable, lui, de tomber amoureux comme un vieux sage
de Dominique et de fêter avec elle ses quatorze ans porte-bonheur.