Eloge de Jeanne d'Arc dite la Pucelle d'Orléans, offert à ses concitoyens

Dans de si pressantes extrémités, un être faible et timide, mais qu'enflamment et fortifient l'amour de son pays et la pensée des maux qui le menacent, se dévoue pour le salut de sa nation, il conçoit comme possible, et décide même la mort de cet orgueilleux et redoutable chef. C'est à l'instant où il croit la victoire prête à le couronner, et les plus grandes faveurs de son maître sur le point de récompenser ses forfaits, qu'au milieu de son sommeil il perd honteusement la vie. Le fer dont il est armé et qu'il tenait levé pour l'anéantissement du peuple de Dieu, devient, par le bras de Judith, l'instrument des célestes punitions. Le superbe Holopherne tombe immolé par une femme, et son impur sang souille le sol que sa présence avait trop long-temps profané.
A qui, Messieurs, pourrions-nous les adresser ces paroles avec plus de justice, avec plus de vérité, qu'à Jeanne d'Arc , à cette héroïne française, qui commande surtout votre admiration, en même-temps qu'elle appelle votre reconnaissance ?