Conques moyenâgeuse, mystique, contemporaine

L'un des chemins de Saint-Jacques de Compostelle mène à Conques, à son trésor et
à son abbatiale. Témoin d'une histoire riche et mouvementée, le village montre
encore par endroits des vestiges de son passé architectural. Mais le point d'orgue
est sans conteste Sainte-Foy, l'abbatiale romane dédiée à une jeune martyre agenaise,
à l'origine de la fameuse statue-reliquaire conservée dans le musée de
Conques. Si celle-ci témoigne des réemplois, des confections et des pratiques
rituelles d'époques révolues, le temps a continué d'oeuvrer dans l'abbatiale avec
l'ajout, en 1994, des vitraux de Pierre Soulages. «Peintre du rythme et de la
lumière», cet artiste exceptionnel a joué de finesse pour proposer une oeuvre forte
et puissante, qui, cernant l'édifice, souligne son rythme subtil, sa déclivité, la dissymétrie
de ses baies, ses variations de lumière et de couleur, la rugosité des
pierres. Et parce que ses verres, dont les modulations colorées varient avec l'espace,
les saisons et les heures, sont par leur apparence intimement mêlés aux temps,
c'est un spectacle abstrait, changeant, sensible, reflet du monde religieux et du
paysage extérieur qu'ils proposent à l'amateur d'histoire, d'art et d'esthétique.