Revue internationale des sciences sociales, n° 185. La moralisation du capitalisme

La Revue internationale des sciences sociales , créée en 1949 par l'UNESCO, est publiée en cinq
langues : anglais, français, arabe, chinois et russe. Une version en espagnol se trouve sur internet,
au site www.unesco.org/issj.
La revue vise à rapprocher les communautés de spécialistes des sciences sociales, ainsi qu'à porter
à la connaissance d'un large public des informations et des discussions en sciences sociales qui sont
déjà connues des milieux spécialisés.
Les numéros sont en général organisés autour d'un dossier thématique coordonné par le rédacteur
en chef en collaboration avec un conseiller de la rédaction. Des manuscrits non commandés
peuvent aussi être pris en considération, paraissant sous les rubriques «Tribune libre», «Le milieu
des sciences sociales» (articles sur des questions professionnelles dans le domaine des sciences
sociales), et «Dossiers ouverts» (articles faisant suite à des échanges de vues thématiques
antérieurs). Les informations sur les abonnements figurent en troisième de couverture.
Ce numéro (185) : La moralisation du capitalisme
Conseiller de la rédaction : Ariel Colonomos
Traditionnellement, la critique morale du capitalisme a été subordonnée à sa critique historique,
sociologique, économique ou politique. Depuis quelques années, cependant, dans le contexte de la
mondialisation et du déclin du marxisme comme idéologie concurrente englobante, les approches
morales du capitalisme ont acquis une nouvelle visibilité. Dans certains cas, de telles approches sont
exclusivement négatives. Dans ce numéro, en revanche, il s'agit des approches pour lesquelles le
capitalisme est potentiellement moral, sans que ses formes pratiques contemporaines le soient
forcément. En d'autres termes, on s'intéresse à la réforme du capitalisme comme enjeu moral. La
possibilité de «moraliser» le capitalisme soulève toute une série de questions délicates. Ce numéro
met l'accent sur trois d'entre elles. Tout d'abord, quelle relation y a-t-il entre la formulation du
capitalisme comme question morale et les traditions antérieures d'argumentation morale d'une part,
les conditions de la coexistence sociale d'autre part ? Ensuite, comment les préoccupations morales
et éthiques s'inscrivent-elles dans le cadre opérationnel pratique de l'environnement actuel des
affaires ? Enfin, qu'est-ce que prendre au sérieux le caractère moral et juridique de la responsabilité
des entreprises ? Des articles recueillis ici, il ne résulte aucune solution immédiatement disponible ;
ils n'en permettent pas moins de souligner l'ampleur du problème. La moralisation du capitalisme
exigera vraisemblablement des transformations profondes de ses structures et de ses dynamiques
- ainsi peut-être une modification profonde des théories et des conceptions morales.