Droit européen des aides d'Etat

Le droit des aides d'État a longtemps été le «parent pauvre» du
droit de la concurrence qui s'est surtout focalisé sur des matières
connues dans les États membres : le contrôle des ententes, des abus de
positions dominantes et le droit des concentrations. Si le contrôle des
comportements anticoncurrentiels des entreprises est finalement chose
aisée, il n'en va pas de même à l'égard de ceux commis par la puissance
publique ; un tel contrôle ne pouvant s'effectuer que dans un cadre
supranational.
Institué dès le Traité CECA, le versement d'aides d'État est passé
d'un principe absolu d'interdiction en 1951 à un examen encadré de
compatibilité à partir de 1957. Depuis lors, la pratique décisionnelle
de la Commission, la jurisprudence constructive des juges européens
conjuguées à l'augmentation exponentielle du nombre de cas à traiter
(consécutivement à l'apparition de crises multiples puis durables de
l'économie européenne) ont conduit à donner des contours précis à la
notion d'aide d'État, à forger des règles de procédure à cet examen de
compatibilité, à impliquer les autorités nationales dans la discipline des
aides d'État, à inventer des sanctions spécifiques en cas d'allocation
d'aides illégales et incompatibles avec le traité.
Cet ouvrage entend définir les principaux concepts (Qu'est-ce qu'une
aide d'État ? Qu'est-ce qu'une compensation d'obligation de service
public ? Qu'est-ce qu'une aide de minimis ?...), détailler les règles en
vigueur (Qu'est-ce qu'une aide existante, une aide nouvelle ? Qu'est-ce
qu'une aide illégale et/ou incompatible ?), restituer le rôle de chacun
des acteurs de cette matière (Quels pouvoirs/devoirs pour la Commission,
les juges européens, les autorités et les juges nationaux ?) et exposer les
enjeux propres à cette matière (À quoi sert le droit des aides d'État ?
Celui-ci est-il instrumentalisé à d'autres fins que l'établissement d'une
concurrence pure et parfaite ?...).
Il intéressera les avocats spécialisés en droit public et en droit de la
concurrence, les magistrats administratifs, les juristes des collectivités
locales et des administrations centrales ainsi que les universitaires.