C'est du propre ! : syndicalisme et travailleurs du bas de l'échelle : Marseille et Bologne

«Ce n'est pas parce qu'on nettoie la merde des autres qu'on
n'existe pas !» Pour Ana, immigrée et salariée du secteur de la
propreté, la question qui se pose est avant tout celle de la reconnaissance
de ce «sale boulot». Temps partiel imposé, rythmes
de travail effrénés, horaires éclatés, non-respect du droit du
travail, tels sont les facteurs qui marquent l'expérience des
salariés sous-traités de la propreté. Dans ce contexte, malgré
l'absence de véritables campagnes de syndicalisation, c'est
l'action quotidienne de syndicalistes de terrain qui permet
aux syndicats de maintenir un lien avec ce monde du travail
profondément précarisé.
Fondé sur une enquête comparative et ethnographique,
cet ouvrage nous immerge dans le travail quotidien des syndicalistes
du secteur de la propreté à Marseille et à Bologne. Ici,
face à des travailleurs invisibilisés du fait de leur appartenance
de classe, de sexe et de race, les syndicats tendent à reproduire
des pratiques syndicales forgées à l'époque de la «société
salariale». Pourtant, cette étude montre l'importance de la prise
en compte du potentiel émancipateur contenu dans les expériences
de vie et de travail des salariés du bas de l'échelle pour
l'élaboration de nouvelles stratégies syndicales.