Les liens du sang

Une capitale de bord de mer. Après un coup
d'État militaire, le portraitiste, le coiffeur
et le chef cuisinier du Président déchu sont
retenus dans sa résidence d'été. Alors que
dans la vallée le chaos s'empare des rues,
depuis les jardins alanguis de la villa
des hauteurs, les femmes - une fiancée,
une fille, une épouse - observent une
nouvelle tyrannie se substituer à l'ancienne.
Prenant tour à tour la parole, les
protagonistes dévoilent les liens du sang
qui les unissent, comment le pouvoir
exacerbe les instincts les plus vils
et pervertit jusqu'au plus intime. Ici,
chaque geste de complicité est aussi acte
de séduction. Ici, le despotisme associe
cruauté et désir, vanité et trahison.
Ceridwen Dovey orchestre magistralement
son récit en une spirale hypnotique
et poignante qui précipite l'intrigue
vers une issue dévastatrice. Sous la brutalité
étouffée de sa prose fluide et sensuelle
résonnent des échos de García Marquez
et de Coetzee.
Plus qu'une réflexion sur l'absolu du pouvoir
et ses perversions, une parabole inoubliable
sur la culpabilité et la rédemption.