La fantaisie post-romantique : actes du colloque, Bordeaux, novembre 1999

Des écrivains aussi divers que Hugo,
Nerval, Gautier, Champfleury ou les
frères Goncourt se sont réclamés de la
fantaisie, dessinant en cela un paysage
littéraire allant du pittoresque blagueur
au merveilleux, du fantasque au fantastique,
du grotesque à l'arabesque, de la
vraisemblance contestée à la satire, la
caricature, la parodie ou la pantomime.
La fantaisie, c'est aussi l'excentricité
sous toutes ses formes : excentricité
narrative, personnages d'excentriques
chers à Champfleury, excentricité
sociale des bohèmes et des dandys.
C'est bien la muse de «la génération
poétique de 1860». Mais si cette fantaisie
prétend être l'expression de l'imagination
créatrice, il arrive aussi qu'elle
rencontre les codes journalistiques :
elle s'incarne alors dans la prose blagueuse
d'Aurélien Scholl ou de Charles
Monselet.
Les contributions de ce volume adoptent
d'abord une perspective sociocritique
ou historienne qui, sans négliger
les minores , explore une période
relativement peu connue de l'histoire
littéraire (1845-1860), au carrefour du
réalisme et du renouveau des formes
poétiques. Une approche «poéticienne»
analyse en outre la fantaisie, dans
sa rhétorique et ses modalités, comme
catégorie esthétique. On voit en quoi
cette réflexion peut enrichir notre
compréhension des modernités littéraires.