Procédure pénale

La procédure pénale comporte deux aspects : un aspect organique,
qui décrit l'organisation et la compétence des différentes autorités
publiques chargées de la répression (et éventuellement de la
prévention) des infractions, et un aspect fonctionnel, qu'évoque
seule l'appellation traditionnelle de procédure pénale et qui étudie
la démarche procédurale suivie depuis le soupçon de commission
d'une infraction jusqu'au prononcé de la condamnation définitive
(phase policière d'investigation ; phase judiciaire d'instruction
préparatoire ; phase de jugement et d'acquisition de la chose jugée
après exercice éventuel de voies de recours).
Les intérêts en jeu au cours du procès pénal sont toujours plus
importants que ceux qui sont en discussion dans le cadre des autres
formes de procédures dans la mesure, d'abord, où ils concernent,
au-delà des individus en cause, la collectivité dont l'ordre public a
été troublé et, ensuite, par ce que le procès pénal implique pour la
personne poursuivie.
Or ces deux entités en cause ont le plus souvent des intérêts
antagonistes. L'État a toujours intérêt à une sanction rapide et
certaine des infractions pénales et il peut être tenté de promouvoir
des mécanismes qui aboutissent, à tous les coups et d'une façon
très sévère, à ce résultat. Mais, d'une part, la personne soupçonnée
peut être innocente et, d'autre part - et même si elle est coupable -
certains procédés sont inadmissibles dans le cadre d'un État civilisé.
Le problème fondamental de la procédure pénale est donc de chercher
la voie d'un équilibre satisfaisant entre l'intérêt de la collectivité
au châtiment raisonnable des coupables et l'intérêt de l'individu
poursuivi, coupable ou non, de pouvoir se défendre. C'est ce qui
explique les incessants débats dont la matière fait l'objet depuis deux
siècles, les quelque cent réformes plus ou moins conséquentes déjà
apportées à un Code qui ne date que de 1958 et les projets de réforme
pratiquement toujours en cours d'élaboration ou de discussion.