Le guépard ou La mélancolie du prince

Le guépard ou La mélancolie du prince

Le guépard ou La mélancolie du prince
Éditeur: L'Harmattan
2009108 pagesISBN 9782296073203
Format: BrochéLangue : Français

Dans l'unique roman de Lampedusa, Le Guépard , le prince sicilien,

Don Fabrizio Salina, voudrait bien maintenir l'autorité de l'idéal

aristocratique au sommet des constellations humaines mais ne réussit

pas à vouloir lui-même faire quelque chose pour le préserver. Il suffira

alors d'une phrase, programmatique, de Tancredi, son neveu ambitieux,

pour transformer cet écueil temporel en épitaphe prématurée : «Si nous

voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change.» Si la figure

politique du prince nous permet d'interroger autrement la mélancolie

dans cet essai, sous l'angle inhabituel du pouvoir, le neveu, Tancredi, nous

permet, de son côté, de sonder l'énigme des ressources de l'ambition au

coeur de la mutation sociale. Que refuse-t-on et qu'accepte-t-on lorsque

le désir se soumet ou se soustrait à la mélancolie des temps ? Cette

mélancolie s'incarne, à partir du prince, dans l'espace des terres siciliennes,

à travers la topographie des contradictions, contrariétés et différents lieux

de passage du désir protéiforme des acteurs de cette transition historique.

Devant une telle nécessité de changement, le souverain patriarche

épuisera, en réalité, ses propres pas dans ceux de l'héritier opportuniste,

prisonnier désormais d'une mélancolie qui veut le changement sans

vouloir l'action. C'est que, figure éminente d'une vitalité encore à

l'oeuvre, le désir du prince n'en cache pas moins un plus silencieux projet

qui se confond avec l'immuabilité perçue de l'île : un voluptueux «désir

de mort». Nous verrons que la violence souterraine par laquelle le désir

de reconquête se manifeste chez le jeune neveu n'est pas exempte de

cette composante et nous renvoie à l'examen des conditions ambiguës de

l'échange prévu. Le narrateur ne nous dit-il pas aussi qu'«après le

Guépard, à vrai dire, le fouet semblait être l'objet le plus fréquent à

Donnafugata» ? Dès lors, où se trouve la véritable symbolique du roman ?

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