Théâtre de Nohant. Vol. 2. La nuit de Noël : fantaisie d'après Hoffmann

La Nuit de Noël
Fantaisie d'après Hoffmann
Max . - Qui êtes-vous ?
Le Spectre . - Tu me connais bien !
Max , surpri . - J'ai connu le vieux Rossmayer dans mon enfance, et vous êtes quelqu'un qui lui ressemble, voilà tout !
Le Spectre . - C'est pourtant lui que tu vois.
Max . - Laissez-moi donc tranquille ! Vous êtes mort et enterré depuis vingt-trois ans !
Le Spectre . - Tu me vois et tu m'entends. Est-ce qu'on meurt ! Est-ce que la vie se pourrit comme une vieille noix mise en terre !
Max . - Ce n'est pas trop mal raisonné pour un mort ;... mais je ne veux pas rêver tout éveillé. L'esprit ne revêt pas le même corps qu'il a usé, que diable !
Le Spectre . - Qu'en sais-tu ?
Max . - J'en sais,... j'en sais... !
Le Spectre . - Tu t'en vas, petit Max ; tu as peur !
Max . - Moi, peur ? Par exemple ! De quoi voulez-vous que j'aie peur ? De rien, car vous n'êtes rien, rien qu'un fantôme de mon imagination !
Le Spectre . - Aurais-tu le courage de me donner la main ?