La République de Weimar

Née de la révolution de novembre 1918, victime de la prise de
pouvoir nationale-socialiste en 1933, la république de Weimar
a laissé un souvenir ambigu : d'un côté, un régime fragile,
ébranlé de 1919 à 1923 par les insurrections, les tentatives de coup
d'État, la crise économique et l'occupation alliée, incapable d'enrayer
la montée en puissance d'Hitler et de ses partisans ; de l'autre, la première
tentative de démocratie allemande, ère sans précédent de liberté
politique, de foisonnement intellectuel et de créativité artistique.
Dans ce livre, devenu un classique en langue allemande, l'historien
Horst Möller nous met en garde contre tout déterminisme. Si ses
chances de réussite étaient faibles, la république de Weimar n'était
pas irrémédiablement vouée à l'échec. Héritiers de la défaite et de la
révolution, chargés du lourd fardeau du traité de Versailles, ses fondateurs
parvinrent à construire un nouvel ordre constitutionnel et offrirent
à l'Allemagne quelques brèves années de stabilité. Son échec final ne
se comprend que dans le moyen terme de la période 1918-1945, marquée
par la contestation et le renversement de la légalité, l'idéologisation
et la polarisation de tous les secteurs de la société. Son histoire
est une leçon de culture politique, d'une actualité inentamée, sur la
possibilité de la démocratie et les dangers qui la guettent. Une leçon
qu'ont retenue les bâtisseurs de l'Allemagne moderne et que doivent
méditer tous ceux qui, en Europe, considèrent la démocratie non
comme un acquis, mais comme un combat.