Drapiers, magistrats, savants : la famille Naville, 500 ans d'histoire genevoise

Leur succès remarquable dans les affaires et les mariages donne aux Naville l'envie de gouverner. Mal leur en a pris: conservateurs, ils sont brisés, voire exécutés par les révolutions des XVIII<sup>e</sup> siècles. La famille trouve alors sa vocation véritable: la science. Philosophes et théologiens se succèdent, un institut d'éducation aux méthodes révolutionnaires répand dans toute l'Europe les principes familiaux de droiture et morale chrétienne, un égyptologue devient une sommité mondiale et sera reçu à l'Institut de France, tout comme avant lui Ernest Naville, père du système électoral de la représentation proportionnelle. Entre temps, les Naville ont pris leur essor hors de Genève. Banquiers et intellectuels à Paris, ils fréquentent Trotsky, Dreyfus et les surréalistes. Industriels à Zurich, ils fondent ce qui deviendra AluSuisse. Pionniers en Amérique du Sud, ils développent un domaine deux fois grand comme le canton de Genève.
Cette saga historique et familiale illustre un aspect essentiel de Genève après la Réforme: la promotion des élites. Jean de Senarclens, membre du comité éditorial de l'Encyclopédie de Genève et auteur de plusieurs livres d'histoire, est décédé avant de mettre la touche finale à son manuscrit. Une petite équipe a pris la relève, dirigée par Catherine Santschi, archiviste d'État et Serge Michel, journaliste.