Discours, figure

Discours, Figure constitue un parcours obligé pour
qui veut comprendre la posture philosophique de Jean-François
Lyotard (1924-1998) et saisir la cohérence de
sa pensée. L'ouvrage, qui précède de peu l' Économie
libidinale (1974), s'inscrit dans le projet, jamais
démenti par la suite, d'une «critique pratique de
l'idéologie». Toutefois, Discours, Figure ne traite
ni d'économie politique ni d'histoire mais de peinture
ou, plus exactement, de cet «espace figural» présent
aussi bien dans le discours que dans la figure. «Il y a
une connivence radicale de la figure et du désir»
affirme le philosophe mais, à l'inverse de Freud, qui
ignore les expériences de la modernité artistique et
tente de réduire cette connivence au langage et à la
«bonne forme», Lyotard assimile le figural à une
dynamique énergétique qui transgresse les codes
habituels de la lecture d'images, qu'il s'agisse des
tableaux de Cézanne, de Klee ou de Monory.
Discours, Figure introduit ainsi à une interprétation
«intensive» et inédite de l'art moderne et
contemporain.
Marc Jimenez