Gens du livre & gens de lettres à la Renaissance : actes du LIVe Colloque international d'études humanistes, 27 juin-1er juillet 2011

Les articles rassemblés dans ce volume sont le fruit des débats du LIV<sup>e</sup> colloque international
d'études humanistes qui s'est déroulé à Tours en juin 2011. Ils prolongent une réflexion
engagée dès 2009 dans un premier colloque parisien, intitulé Passeurs de textes : imprimeurs
et libraires à l'âge de l'humanisme. L'enquête ici s'est élargie pour prendre en compte, selon
l'heureuse expression de Robert Darnton, l'ensemble des «gens du livre» et des «gens de
lettres» à la Renaissance : graveurs de caractères, voyageurs, colporteurs, auteurs, philologues
et traducteurs - tous ces artisans ou ces érudits qui ont contribué, dans la fièvre des ateliers de
libraires-imprimeurs, à la circulation des textes.
Autour de la figure, à la fois centrale et excentrée, du «passeur de textes», capable
de faire franchir au savoir obstacles et frontières, les contributeurs de ce livre se sont
interrogés sur la matérialité des textes qui circulent, leurs itinéraires géographiques, leurs
cheminements intellectuels ; ils ont aussi cherché à retrouver les motivations de tous les
acteurs qui ont patiemment rassemblé le patrimoine culturel de la Renaissance.
Livres, lettres, textes mais aussi images circulent d'un lieu à l'autre, migrent vers
de nouveaux univers mentaux, empruntent d'autres langues pour déployer dans le
monde occidental l'ensemble des connaissances botaniques, médicales, géographiques,
philologiques ou architecturales qui constituent ce patrimoine culturel. Les presses de
l'imprimeur deviennent un lieu de passage où s'élaborent des stratégies intellectuelles
et commerciales complexes, où se nouent des liens entre les différents acteurs du monde
du livre, où les compétences se croisent et se complètent ; la figure du grand graveur et
fondeur de caractères typographiques, Claude Garamont, qui faisait en 2011 l'objet d'une
commémoration nationale, s'y dessine de manière emblématique.
Depuis l'humble artisan parfois anonyme jusqu'au savant, philologue ou traducteur,
qu'il ait nom Budé, Alberti ou Vésale, tous les acteurs évoqués ici interrogent les usages des
savoirs, anticipent les goûts du public, construisent la connaissance - jouant pleinement
leur rôle de passeurs et, plus encore, de veilleurs attentifs aux livres et aux textes.