Adoptions, dons et abandons au Mexique et en Colombie : des parents vulnérables

Depuis les années 1990, les études sur la parenté
ont connu un nouvel essor en Europe et aux États-Unis
tout en empruntant d'autres voies que celles de
l'anthropologie «classique» : le genre, la sexualité ou
les représentations de la conception et du corps. Les
textes de ce volume participent de ce renouveau.
Ils affirment également l'intérêt de relier deux champs
de l'anthropologie : la parenté d'une part, la migration
et les études interethniques de l'autre. Ils le font à partir d'une
perspective transversale et systémique, dans le cadre de processus
contemporains marqués par la globalisation, dans deux pays latino-américains,
le Mexique et la Colombie.
Les sept auteures analysent les changements et les continuités
des conceptions de la parenté dans des groupes sociaux rendus
vulnérables par leur condition subalterne (familles homoparentales
ou stériles), par leur exclusion sociale (domestiques, paysannes)
ou par la migration d'une partie de leurs membres, en s'attachant
à des formes précises de relations de parenté fondées non pas sur
la consanguinité ou l'alliance matrimoniale, mais sur des choix
(adoptions, «prêts» ou dons d'enfants).
L'ouvrage facilite la compréhension de ces formes de parenté
tout en questionnant les représentations sociales et en analysant
certains aspects des sociétés mexicaine et colombienne, en
particulier les situations de violence et d'inégalités dans le contexte
familial qui résultent parfois de la globalisation des processus, telle
l'internationalisation de l'adoption ou de la procréation pour autrui.