Michel Foucault, le pouvoir et la bataille

Le pouvoir réserve bien des surprises à celui qui se
risque à en faire l'analyse. Par ses tours et ses
détours incessants, l'oeuvre de Michel Foucault en
témoigne.
À la fois fort et faible, sûr de sa fin et équivoque,
tenace mais réversible, le pouvoir semble perpétuellement
menacé par autre chose que l'opposition
réfléchie à son exercice. Comment rendre compte de
ce paradoxe du pouvoir sans s'interroger sur son
lieu d'émergence, ou - si l'on veut conjurer les chimères
de l'origine - sur sa limite ? Quel est cet «autre»
du pouvoir, qui à la fois le rend possible et le met en
péril, et hante l'écriture du philosophe ? Cet autre,
nous l'appellerons : la bataille.
C'est de cette région obscure autour du pouvoir, peu
explicitée par Michel Foucault et pourtant présente
dans son oeuvre, que nous tenterons d'approcher.
Philippe Chevallier