Reliques, le quatrième pouvoir : pour une histoire des reliques en Europe, du Moyen Age à nos jours

Qu'est-ce qu'une relique ? À quoi servent les reliques ? Comment s'est développé leur culte ? Quelles sont les grandes
reliques vénérées en Europe ? D'un abécédaire à un dictionnaire des grandes reliques, sous des allures à la fois de manuel et
d'ouvrage scientifique universitaire, ce livre se propose de répondre à tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sujet.
Le Moyen Âge a vécu un long développement du culte des saints, qui imprègne les mentalités. Les reliques y ont joué un rôle
considérable, car le saint est considéré comme présent et puissant par leur intermédiaire. Si les ossements sont les reliques
par excellence, il existe toute une série d'autres reliques. Le Saint Suaire et la Sainte-Croix sont bien connus, et les ostensions
ou les pèlerinages séculaires gardent parfois actualité. Trop souvent ne fut retenu que l'aspect spectaculaire des reliques :
leur trafic passe pour scandaleux à nos yeux. Mais le domaine de recherche est immense et les centres d'intérêt historique
multiples. Les reliques sont des instruments de communication exceptionnels et leur puissance médiatique est profonde dans
la société. Le culte des reliques traverse toutes les périodes de l'histoire, depuis l'Antiquité tardive ; il concerne le Christ et
chaque saint, groupe de saints, à travers la dévotion vouée par les religieux comme par les laïcs. Les reliques sont devenues
un nouveau et vrai champ historique.
La publication systématique des trésors d'églises en cours apporte de nouveaux documents. Ouvrir les châsses avec doigté
archéologique permet d'en inventorier le contenu avec rigueur et d'en publier les résultats. Les sources écrites retrouvées
éclairent parfois l'histoire d'un édifice religieux ou d'une oeuvre d'art - le contenant, le reliquaire - et elles mentionnent des
noms de saints, de lieux et de personnages, sans oublier leur intérêt paléographique évident. Les objets archéologiques les
accompagnant sont divers. Ici se dessinent «les routes de la foi» et, plus largement, se révèlent les traces des contacts
humains, un puzzle extraordinaire à reconstituer et qui sort largement du domaine strictement hagiologique. La circulation
des biens et des personnes et les réseaux mis en place sont révélés par ces traces matérielles multiformes, qui concourent
grandement à la connaissance du passé. Ici commence «le métier d'historien».