On s'en câlisse : histoire profane de la grève, printemps 2012, Québec : la loi spéciale... bang bang bababang... on s'en câlisse !

Février à septembre 2012 : le Québec est foudroyé par la
plus longue grève étudiante de son histoire. L'augmentation
des frais de scolarité rencontre une résistance acharnée, qui
prend vite les traits d'un soulèvement généralisé. Le pouvoir
libéral perd pied et décrète une loi d'exception. À quoi la
rue répond «la loi spéciale, on s'en câlisse», on s'en fout.
La grève se joue des injonctions, elle défie toute tentative
de mater juridiquement un conflit politique.
L'image consensuelle du printemps érable néglige cette
puissance de rupture d'un mouvement qui a fait de la ville
son terrain de jeu, et de l'économie son ennemi. Au lieu de
s'attarder sur ce qui a rassemblé - défense de l'éducation
et de la démocratie -, il s'agit de saisir dans la grève ses
lignes de partage : la violence, le spectacle, les élections...
Élaboré en collectif, ce livre réunit témoignages et analyses
pour raconter la grève. Version profane qui oppose au récit
officiel les paroles irrévérencieuses de grévistes anonymes.
Des blocages à l'état policier, des émeutes aux casseroles,
chaque phase de la grève est dépliée afin de rendre compte
d'un mouvement aussi singulier qu'exemplaire des luttes
actuelles.
«Nous n'écrivons que pour fourbir les armes susceptibles
de prolonger la fêlure ouverte par la grève.»