Terra nullius

Au cours du XIX<sup>e</sup> siècle, la population aborigène d'Australie
a été décimée. Apparus dans le sillage des premiers
colons, les «bienfaits de la civilisation» eurent tôt fait de
provoquer leur extermination : maladies importées, villages rasés,
sources taries par le bétail, populations déplacées ou massacrées...
Confortés par le maître incontesté de la biologie de l'époque,
Charles Darwin, qui professait que « dans une période future, les
races civilisées de l'homme extermineront et remplaceront les races
sauvages partout dans le monde », nos aïeux estimèrent que les lois
de la nature vouaient les Aborigènes et leur civilisation millénaire
à l'extinction.
Sven Lindqvist a marché sur les traces de ces Européens ivres
d'eux-mêmes. Puisant dans notre mémoire collective, il ressuscite
les discours et théories qui, depuis le XIX<sup>e</sup> siècle, ont justifié une
telle entreprise. D'un bout à l'autre de l'Australie, sous la forme
d'un carnet de voyage, il exhume les vestiges de cette histoire
sanglante.
Une histoire qui se confond avec celle de la colonisation.
Une histoire qui vit encore en nous.