Archives de sciences sociales des religions, n° 167. Postérités allemandes : communication, transcendance, non-religion

Le premier dossier de ce numéro invite à un voyage
sociologique outre-Rhin. La postérité des auteurs classiques
y est abordée par une présentation originale
de l'ascèse chez Georg Simmel et par les traductions
inédites de deux textes, l'un de Niklas Luhmann sur la
religion comme communication et l'autre de Thomas
Luckmann sur les transcendances. Les développements
contemporains portent notamment sur la spiritualité
envisagée comme construction communicationnelle de
la transcendance et sur l'attitude non-religieuse dans
une perspective comparative entre ex-RDA et USA.
Enfin, deux études macrosociologiques reprennent les
questions des «modernités multiples» et de la sécularisation
aujourd'hui.
Le second dossier revient sur l'oeuvre historienne de
François Laplanche récemment disparu. Cet éminent
spécialiste de l'exégèse biblique sur longue durée a
notamment fait connaître pour l'époque moderne la
déconstruction historique des Écritures saintes par les
théologiens calvinistes de Saumur au XVII<sup>e</sup> siècle, les
atermoiements de la «science catholique» au XIX<sup>e</sup> siècle
et le renouvellement de cette même «science» après la
«crise moderniste» au tournant du XX<sup>e</sup> siècle.
Le troisième dossier réunit enfin diverses réflexions
autour de l'objet religieux dans les sciences sociales. Il
comprend une relecture des Formes élémentaires de la
vie religieuse (Durkheim) par Bruno Latour, un bilan
par Albert Piette de son approche ethnographique de
la religion en train de se faire, une critique de la notion
de «modernité religieuse» par Lionel Obadia et en
contre-point l'idée avancée par Véronique Altglas
d'«exotisme religieux» pour mieux appréhender la
logique sociale des croyances contemporaines.