La condition et la carrière des universitaires : analyse comparée à partir de quelques cas de l'Afrique francophone

La question du statut enseignant est incontournable dans l'étude
des politiques de gestion du personnel des universités publiques.
Héritiers du droit français, les droits africains n'en sont pas moins
constamment sollicités par le dynamisme des universitaires
africains en quête de nouvelles modalités de réhabilitation sociale
et économique face à leur déclassement matériel.
Cette réhabilitation passe par la banalisation risquée des cumuls
de fonctions et de rémunérations. Les politiques se construisent
aussi à l'épreuve de la jurisprudence et de la doctrine même si les
voies non juridictionnelles de règlement des litiges sont sollicitées.
Enfin, elles s'inscrivent dans un espace multi-niveaux dominé par
les jurys nationaux, interafricains, internationaux, les réseaux ou
associations scientifiques et les normes juridiques internationales
qui prennent en charge la carrière et la condition des universitaires.
Toutefois, le triomphe du référentiel global du marché interroge
l'efficacité des universités publiques confrontées à la fuite des
cerveaux et la faible attractivité académique des statuts enseignants.
Le défi - politique ? - est de concilier l'intérêt d'un corps déclassé
avec celui des étudiants en quête d'insertion professionnelle, et de
réconcilier les exigences corporatistes de la reproduction des champs
disciplinaires respectifs avec les sollicitations méthodologiques d'un
environnement de plus en plus complexe. Se dessine ainsi la figure
néolibérale de l'entrepreneur universitaire appelé à une modulation
des diverses missions du métier d'enseignant dans le cadre plus
souple d'un statut sans cesse réinventé.