Benoît Faivre, 1798-1869 : la passion de l'humanité

Au XIX<sup>e</sup> siècle, notamment entre 1820 et 1870, Metz connaît un
intense bouillonnement culturel et artistique. Sous l'égide de
l'Académie de Metz et de la municipalité, intellectuels et artistes
unissent leurs efforts pour y développer les arts et les lettres, et
donner à la ville l'éclat dont elle est privée de par sa fonction
militaire et sa réputation de ville guerrière. Parmi les hommes qui
contribuèrent à cette effervescence, Benoît Faivre (1798-1869)
n'est pas l'un des moindres.
Né à Besançon, venu à Metz avec ses parents en 1804, il y fut avec le
peintre Laurent Charles Maréchal, en 1831, l'un des animateurs du
saint-simonisme. Peintre certes modeste et moins connu que son
jeune frère Émile Faivre, homme de lettres, auteur d'un roman
historique, brillant conférencier, membre éminent de l'Académie de
Metz, il fut pendant plus de vingt ans président de la Société de
Saint-Vincent-de-Paul, oeuvre charitable fondée en 1838 sous
l'égide de Lacordaire. Libéral éclairé, chrétien engagé, il est
convaincu que culture, science et religion doivent servir au bien-être
matériel et au perfectionnement intellectuel et moral de
l'humanité et notamment de la classe pauvre. Une humanité pour
laquelle Benoît Faivre rêve de fraternité et de paix universelle dans
un monde de progrès et de tolérance.
C'est la mémoire de cet homme exceptionnel, véritable conscience,
reconnu de son vivant mais tombé dans l'oubli peu après sa mort,
que Pierre Brasme veut rendre à Metz et aux Messins.