Les enfants trouvés du Dauphiné : histoire des enfants abandonnés en Isère

Les enfants trouvés du Dauphiné : histoire des enfants abandonnés en Isère

Les enfants trouvés du Dauphiné : histoire des enfants abandonnés en Isère
2008479 pagesISBN 9782911148811
Format: BrochéLangue : Français

Aux XVIII<sup>e</sup> et XIX<sup>e</sup> siècles, de nombreux nouveau-nés étaient abandonnés. Ils

étaient exposés, c'est-à-dire déposés anonymement, la nuit tombée, dans des lieux

publics, souvent sous le porche d'entrée d'une boutique ou d'une chapelle. A

partir de 1811, furent créés les «tours», à la porte des hospices, afin de préserver

la vie de ces petits malheureux. Ces délaissés, sans état civil, étaient alors

désignés sous le terme générique d'enfants trouvés.

C'est l'émouvante histoire de ces enfants de l'Isère que nous conte Bernard

François. Cette étude historique, totalement inédite, nous révèle le drame de

ces déshérités, placés dès leur prise en charge par l'hospice, chez des nourrices

des montagnes d'Oisans et de Belledonne, les seules qui, pour une maigre

pension, acceptaient de les recevoir malgré l'opprobre dont ils étaient chargés.

Soulignons en effet, qu'à cette époque, ces petits sans famille étaient considérés

comme les enfants du vice et du pêché. Leur origine était stigmatisée, aux regards

de tous, par le port d'un collier numéroté, remplacé ensuite par une boucle

d'oreille. Le nombre d'enfants trouvés approchant les 2.000, le préfet de l'Isère

pratiqua en 1834 une politique de déplacement de ces enfants, les exilant dans le

Vivarais, mesure qui devait avoir des conséquences particulièrement dramatiques.

L'auteur s'attache à comprendre ces abandons, leur multiplicité, analyse les

problèmes soulevés par leur prise en charge (vêtures, choix des nourrices,

nourriture, maladies, mortalité, inspection, etc.). Les atteintes à la vie de l'enfant

(infanticides, avortements) sont minutieusement étudiées, apportant de précieuses

informations sur les comportements féminins, aussi bien en milieu urbain, dans

les manufactures, qu'à la campagne. Le rôle des nourrices est aussi examiné, leur

intervention, pourtant des plus nécessaires, étant alors injustement noircie par

l'Administration qui les rend responsables de la forte mortalité des nourrissons,

les qualifiant même de «mercenaires». L'attribution des patronymes est

minutieusement étudiée, apportant des clés aux généalogistes. Cet ouvrage

historique passionnant vient donc à son heure au moment où le grand public

découvre, effaré, les «dénis de maternité», et où des États ressuscitent les

«tours» tant décriés.

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