L'étang : le bel été 44 de deux jeunes Solognots

Ils sont inséparables depuis leur petite enfance. Dans ce hameau de Sologne, on les appelle gentiment «les amoureux». En cet été 1944, pendant que les troupes allemandes battent en retraite, les «grandes vacances», libèrent les deux enfants du joug insupportable de l'école et les rendent à leurs multiples occupations de petits campagnards très dégourdis.
Ils ne le savent pas mais ils sont en pleine mutation ; ils ont déjà treize ans. L'adolescence est là, qui les surprend et les trouble. En quelques semaines, ils vont passer des jeux aux caresses, de la tendresse à l'amour, avec toutes les découvertes, les étonnements, les émerveillements, les projets, les certitudes que cela implique. Seules, les prédictions d'une bohémienne viennent jeter une ombre inquiétante sur l'avenir radieux qui s'offre à eux. Le temps d'un été, ils sont follement heureux dans leur «Bonneville», leur pays de landes, de forêts et d'étangs : leur Paradis.
Les aléas de la vie se chargent de ravager ce bonheur simple et fragile. Quelque quarante ans plus tard, leur rêve brisé va, en quelque sorte reprendre vie, avec une génération de décalage, comme le réveil d'un feu tenace que rien ne peut éteindre.