Poèmes de l'Est pour tout le monde

Rencontré comme comédien, Philippe Crubézy est vite devenu
un écrivain pour moi. Un écrivain avec lequel je crois qu'il faut
compter. Ce n'est pas par hasard, que j'ai, il y a de nombreuses
années choisi de le parrainer, à la demande de Théâtre Ouvert ;
j'avais, alors, lu en public une de ses pièces, Les soeurs Couleur.
Ce n'est pas par hasard que la compagnie À Brûle-Pourpoint,
créée pour donner une structure «sérieuse» à mes rêves, a coproduit
(très modestement) la création d'une pièce de Philippe
Crubézy, Aperçus , au Théâtre de la Tempête.
J'aime la rigueur et l'entêtement de son écriture, j'aime la pirouette
et la musicalité, j'aime le jeu de profondeur et de
masque, qui travaille toutes ses pièces. Et c'est pourquoi, très
simplement, je lui ai proposé d'être écrivain engagé au Théâtre
de l'Est parisien, pendant la saison 07-08.
Je connaissais, bien sûr, l'oeuvre et le parcours de Philippe
Crubézy, auteur de pièces de théâtre. Le faire exister amplement
sur un grand plateau, tel était l'enjeu. Et ce sera le cas,
en janvier 2008, avec sa belle mise en scène de Moloch , une
oeuvre forte et dérangeante sur le rapport de l'homme et de la
femme au travail, ce monstre dévorant. Ce sera aussi le cas
avec l'écriture et la création, en juin 2008, d'une pièce pour
tous âges, Les enfants ont-ils le temps ?
Pourtant j'ignorais un autre aspect de l'écrivain... Aussi quelle
surprise, lorsque Philippe Crubézy proposa, pour jalonner son
année au théâtre, d'écrire Chaque jour un poème !
Il avait compté, le bougre, et cela faisait 207 poèmes. Un pari
ambitieux et mystérieux, comme son auteur. Cela m'a fait rire et
sourire, et le Théâtre de l'Est parisien s'est prêté au jeu. C.A.