Noirs, Cafres et Créoles : études de la représentation du non blanc réunionnais, documents et littératures réunionnaises, 1710-1980

Tout au long de l'histoire réunionnaise, le Noir n'a pas seulement été l'esclave ou l'esclave africain. Dès les premiers essais de peuplement qui se situent autour de 1665, il est présent. Des unions entre immigrants européens et épouses malgaches, contractées en dehors de toute discrimination, naquirent les premiers enfants réunionnais. Ce n'est qu'avec l'adoption du système économique ayant pour fondement la traite négrière et la pratique de l'eselavage que le Noir se verra privé de nom et de culture propres et qu'il sera esclave.
Dans les écrits coloniaux, il restera esclave. Il faut attendre la deuxième moitié du XX<sup>e</sup> siècle pour assister à l'émergence d'une écriture nouvelle soucieuse de reconnaître au Noir un rôle d'actant culturel et de valoriser le fait de culture spécifique réunionnais.
Le présent ouvrage reproduit une thèse de doctorat de nouveau régime en Etudes Créoles et Francophones soutenue en octobre 1992 à l'université de la Réunion par Rose-May Nicole. Elle tente, à travers un inventaire critique des diverses images littéraires et non littéraires qui se donnent du Noir, du Mémoire d'Antoine Boucher (1710) à Quartier trois lettres d'Axel Gauvin (1980), de détecter les lignes de force et les changements intervenus dans sa représentation.