Folkeviser : les ballades médiévales scandinaves

Quel meilleur moyen pour vulgariser et diffuser la culture scandinave ancienne,
comme Régis Boyer s'applique à le faire depuis des décennies, que de réunir en
une sorte d'anthologie les ballades médiévales de Suède, de Norvège, de Finlande,
du Danemark et des îles Féroë ? Ce genre très populaire dans tout le Nord au
Moyen Age est demeuré vivace jusqu'à nos jours et il n'est pas rare d'entendre
chanter les Folkeviser à une occasion ou une autre, en famille ou entre amis.
L'historien de la littérature Oluf Friis souligne tout le paradoxe qu'un «genre
apparemment modeste, emprunté à l'étranger, non seulement devint le véhicule
d'une espèce mineure de poésie, mais aussi l'expression des plus hauts efforts
poétiques de cette période. Ce que signifiait le poème héroïque pour l'Antiquité,
c'est ce que la ballade signifia pour le Moyen Age».
Car, aussi identitaires puissent-ils être, ces poèmes strophiques destinés à être
chantés et dansés, avec rimes finales et un ou deux refrains, ne sont pas autochtones.
Mieux, leur origine est indiscutablement française : c'est la carole pour le
type de danse, c'est le répertoire des trouvères et les romans de chevalerie pour
le fond. On suit la filiation de la France à la Grande-Bretagne puis à l'Allemagne
et enfin au Nord via le Danemark où la folkevise s'installe à partir du début du
XIII<sup>e</sup> siècle.
Avec érudition et en proposant les traductions de Léon Pineau et les siennes,
l'auteur vient combler ici un vide partiel des études critiques en France sur la
ballade populaire scandinave.