Entre médecine et religion : des saints intercesseurs à l'ordre hospitalier des Antonins

Dès les écrits antiques, l'homme a lié la cause de ses malheurs, de
ses maladies et de leur guérison à la puissance divine. L'Ancien et
le Nouveau Testaments montrent un continuum thaumaturgique
culminant avec Jésus, qui transmet son pouvoir de médecin-sauveur
des corps et des âmes à ses disciples.
L'inefficacité prolongée de la médecine a fait recourir à une
multitude de saints intercesseurs pour redonner l'espoir aux
malades. La relation entre un fléau comme la peste, un saint
prophylactique tel que saint Sébastien ou guérisseur à l'exemple
de saint Roch est illustrée par une abondante iconographie.
L'ergotisme gangréneux ou feu saint Antoine a suscité la création
de l'ordre des Antonins, qui couvrit l'Europe médiévale d'hôpitaux.
Les pèlerinages thérapeutiques témoignent de la persistance du
lien entre la médecine et le sacré.