Le nazisme revisité : l'occultisme contre l'histoire

Hitler ne serait pas mort en 1945 mais se serait enfui à bord
d'une soucoupe volante vers une base nazie située en Antarctique
; la SS serait un ordre de chevaliers partis à la recherche
du Graal dans les châteaux cathares : voilà, entre autres,
ce qu'affirment certains «chercheurs» prétendant dévoiler des
vérités sur le régime nazi que l'histoire officielle s'obstinerait à
cacher.
L'«occultisme nazi», dont les thèses ont rencontré un certain
succès dans les années soixante grâce au livre Le Matin des
magiciens de Bergier et Pauwels et à la revue Planète , constitue
une relecture affabulatrice du nazisme, prenant certes appui sur
des faits réels, mais dérivant vers une mythologisation fort suspecte
du national-socialisme.
Ces théories occultes, exerçant un certain pouvoir de fascination,
ont inspiré la culture populaire, des films Indiana Jones
à certains jeux vidéos. Elles demeurent cependant, pour différents
groupuscules d'extrême droite, un moyen de minimiser
l'atrocité du régime et de faire partager à un public élargi un
point de vue révisionniste et raciste.
L'ouvrage, bien documenté, traite d'un sujet qui pourrait de
prime abord sembler marginal et anecdotique. Il n'en est rien.
Les recherches effectuées par Stéphane François permettent
notamment d'expliquer les raisons de la survie des idées et des
groupuscules nazis après la Seconde Guerre mondiale.