Les fruits de ma colère : plaidoyer pour un monde paysan qu'on assassine

Pierre Priolet produit des fruits en Provence. Ses larmes en
direct sur France Inter et dans plusieurs émissions de télévision
ont bouleversé le pays. Chaque fois sa présence, sa colère, ses
mots simples et justes ont déclenché une avalanche de courriers
et d'appels. Il était temps : ils sont des milliers d'agriculteurs, pris
comme lui à la gorge, à disparaître sans faire de bruit, dans
l'indifférence.
Parce qu'il a les mots pour raconter les vergers à l'abandon, le
paysage français qui se désertifie, l'humiliation quotidienne de
paysans infantilisés par les subventions, le scandale de la
grande distribution qui les étrangle, les pesticides autorisés en
Espagne alors qu'en France les agriculteurs sont traités de
pollueurs, parce qu'il n'adhère à aucun syndicat et que sa parole
est libre, Pierre Priolet est devenu en quelques mois le porte-voix
d'un monde qu'on assassine. Passionné, il ne se contente
pas de dénoncer, il se veut aussi l'instigateur d'un projet pour
bâtir un nouveau système de distribution qui se passerait des
aides, et il se bat pour l'idée d'une société où l'on consommerait
plus juste.
Son livre est non seulement un appel au secours, mais encore
une très efficace réflexion sur notre société et sur un système
en bout de course.